Que ce soit en français, latin ou grec du moins (on peut émettre l’hypothèse que c’est le cas dans une majorité de langues anciennes) science et sagesse sont deux concepts proches l’un de l’autre. Ce qui est certain, c’est que quand Socrate forgea le terme "philosophie"  c’était le cas. Et dans ce cas précis la sagesse en question consistait à communiquer ce qui était considéré comme étant vrai. S’il ne s’était s’agit que de discourir sur la nature des choses les sophistes eurent été des logistes. La sagesse ou science du "sophos" est avant tout celle de la question de la vérité, dire le vrai. Or distinguer le faux du vrai est bel et bien la sagesse véritable et la science par excellence.

Du temps de Socrate, les sophistes avaient développé l’art de la rhétorique au plus au point de la culture grecque. Les discours étaient si convaincants et si riches en vérités apparentes que nul n’était à même de les contredire sans être lui-même un sophiste.  Cependant, Socrate eut l’intuition que si la plupart des discours des sophistes énonçaient bien des vérités, il devait y avoir quelque faille également, car il leur arrivait de présenter des conclusions manifestement fausses ou du moins faciles à contester bien que rien de tel n’ait pu être identifié dans leurs prémisses.

Socrate s’intéressa donc à l’articulation des raisonnements exposés par les sophistes, une fois acquis que leurs prémisses étaient fondées sur des vérités largement admises sinon triviales par la seule observation. De l’analyse de l’articulation des discours, Socrate et amis ou disciples dont l’histoire n’a probablement pas retenu le nom, développèrent la logique classique, celle qui nous est intuitive, même s’il nous est facile de la violer par ailleurs. 

La leçon à retenir, c’est que si désormais la logique (les logiques) est une branche à part entière des mathématiques, ce ne sont pas les mathématiciens (ceux qui savaient compter et mesurer) qui en sont les inventeurs, mais bel et bien les philosophes des premiers temps. Il n’existe pas de théorèmes ou d’axiomes de Socrate, il n’en reste pas moins vrai que c’est la philosophie (l’amour du vrai) qui a motivé la naissance de la discipline logique et non la mathématique. La mathématique faisait de la logique sans le savoir un peu comme nous tous faisons de la prose sans même la nommer. La mathématique ne l’avait pas encore vu comme étant une discipline en elle-même, mais elle y trouva intérêt à produire des démonstrations rigoureuses sans devoir attendre de contre exemple pour se rendre compte d’éventuelles erreurs.