Je pourrais lui faire le procès de la jeunesse, mais ça serait bien trop facile et guère pour habile. Il pourrait alors tout autant invoquer ma vieillesse pour ne pas dire ma sénilité en guise de réplique.

Puisqu’il se qualifie lui-même de druide porté sur la philosophie (en plus de l’être sur les arts de toutes sortes) et se justifie ainsi d’un point de vue athée ou assimilable, c’est bien sur ce terrain qu’il revendique que je vais lui apporter ma critique fraternelle, éventuellement, mais toujours bienveillante assurément. Nécessité oblige.

Il ne suffit pas d’avoir beaucoup lu ou entendu, de déployer grand la barre de son imaginaire, de prendre ses désirs pour une réalité, de faire un syncrétisme d’un peu tout ce à quoi on aspire, encore faut-il avoir la rigueur du philosophe quand on y prétend.

Un peu de sémantique linguistique pour commencer. Non, les mots n’ont pas un sens qui leur est propre. Les mots sont des signes par lesquels on désigne des choses, des objets, des personnes, des idées, des concepts, etc. Le sens des mots est celui de leur époque, de l’usage qui a prévalu entre les personnes pour communiquer, débattre, dialoguer, discuter, énoncer, exprimer, etc. Aussi quand on utilise le mot philosophie, vu que son sens n’a guère évolué depuis sa création, la moindre des choses est : soit de ne rien définir et de se référer à l’usage commun, soit d’en donner une définition quelque peu différente ou nuancée, qu’il conviendra d’expliciter avant d’en faire un usage particulier.

Notre druide gaulois s’étant targué de s’adonner à la philosophie, sans avoir éprouvé la nécessité de préciser quoi que ce soit, nous allons lui accorder que c’est en toute intelligence et donc en ayant retenu sa signification la plus attestée. Et comme je ne voudrai pas qu’on me retourne la remarque, je vais en préciser l’usage que j’en fais. Si on peut envisager qu’on n’ait pas attendu qu’un certain Socrate la nomme pour qu’elle existe et se pratique, il ne sera pas inutile d’en rappeler l’étymologie vu que c’est à celle-ci que je me réfère pour en préciser mon usage.

N’ayant jamais appris le grec ancien, je ne vais pas jouer à l’helléniste érudit, je vais rester le plus factuel possible. Le mot philosophie signifiait tout simplement : amour de la sagesse. Le Grec ayant trois mots distincts pour exprimer ce qui dans le Français est porté par le seul, mot "amour", il n’est peut-être pas inutile de préciser qu’il ne s’agit pas de sexe ou de don désintéressé de soi-même pour le bien être d’autrui, mais le sens le plus usuel du mot aimer, quand on dit amer la musique, aimer la franchise, aimer sa famille, sa patrie, le fromage, ses amis, ses copains, etc.   

Maintenant que nous avons précisé le sens d’amour que désigne l’initiale "philo-", nous allons préciser ce qu’il faut entendre, autrement dit comprendre, par ce "-sophie" qui suit "philo-".
Ceux qui ne s’embarrassent que peu de s’assurer de la bonne compréhension de leur auditoire, se seraient contenté de dire que philosophie en grec ancien signifiait tout simplement "amour de la sagesse". Avec un peu de bon sens et de logique, le lecteur aura compris que le "-sophie" en question (et non la "Sophie" qui pourrait-être votre voisine, une copine, etc.) signifie tout simple "sagesse".
Il serait tentant de ne rien dire de plus, tout ayant été déjà dit. Vraiment ? Sans le moindre doute ?  En toute certitude ?

Que celui- qui a dit "oui" vienne me voir à la fin du "cours" que je lui en "remette une couche"