On peut aisément se passer de démonstration pour tout ce qui relève des évidences ou des connaissances communes bien éprouvées. Dire que la majorité des feuilles sont vertes, sinon rouges ou jaune ne réclame pas d’argumentaire détaillé pour être affirmé vu que chacun peut aisément le vérifier par la simple observation de la nature environnante.

Mais tout ceci ne fonctionne qu’à la nécessaire condition d’une proximité culturelle suffisante, pour locuteur et auditeur partagent les mêmes implicites quant au nom qu’il convient à donner à telle où telle couleur en particulier.
Bien que la turquoise soit l’exemple type d’une couleur intermédiaire entre ce qui est nommé bleu et ce qui est dénommée vert, en langue française contemporaine on ne parle jamais de vert turquoise, mais toujours de bleu turquoise.

En celtique brittonique, c’est-à-dire aussi bien en cornouaillais, qu’en gallois ou breton, il n’existe qu’un seul et même mot pour désigner à la fois ce que le français et de la plupart des autres langues désignent les couleurs bleues et vertes. En breton classique, le mot commun est "glas" quand bien même il existe également "gwer" pour désigner les nuances de "vert" artificiels ; comprendre ceux qui résultent de colorants produits par des procédés et techniques développées par les humains. Qu’en était-il du gaulois de manière générale ? Fautes d’écrits ou de machine à remonter le temps, il ne peut exister que spéculations, théories difficilement vérifiables, voire irrésolument incertaines quand ce ne sont pas que des dires sans la moindre consistance.    

Autrement dit, ce qui semble parfois pourtant si évident, peut souvent requérir quelques explications ou précisions tout de même pour avoir la moindre chance de dire le vrai, sans le moindre doute rationnel possible. On peut toujours contester, mais pour la contestation soit recevable par la raison, il est nécessaire que ses arguments soient au moins aussi solides que ceux ayant permis d’établir la chose contestée.
Tant qu’on oppose ou met en concours empirismes entre eux, il n’y aura pas d’autre débat que des préférences culturelles ou personnelles, pour désigner ou nommer ce que nos sens nous permettent de percevoir et d’expérimenter du réel.  

Mais s’il ne s’agissait que de cela, il n’y aurait eu aucune nécessité, exigence ou quelque forme d’impératif à rédiger le présent billet.