Dans les cultures chrétiennes, les croyants aiment à rappeler que l’étymologie de religion se rattache au latin religare pour relier.
Outre le fait que l’exactitude de cette parenté soit contestable et contesté par quelques linguistes, le fait est que ce terme n’a pas de racines antiques mais une création des sciences humaines que sont la sociologie et l’anthropologie.

Au commencement était le culte :

  • Des forces de la nature environnante : souvent violente, mais sans qu’il puisse être identifier une quelconque volonté dans sa propension à distribuer bienfaits et malheurs.
  • Des ancêtres fondateurs de la culture : transmission des connaissances et savoir-faire acquis par les générations précédentes comme précurseur (parmi d’autres) de l’idée de survivance à la mort.

Dans tous le cas, la finalité du culte vise à s’attirer des faveurs et se prémunir des défaveurs à venir. Telle est l’origine de ce qui, par strates successives d’organisation conduit aux religions passées, présentes et sans doute à venir.

Mais avant de revenir à l’objet principal de ce billet, je tiens à clarifier qu’en ce qui nous concerne, il n’y a pas d’opposition entre nature et culture. Il n’y a non plus aucune complémentarité au sens mathématique : la culture est une production de la nature et n’en est pas affranchie. Toute culture est empreinte de la nature qui l’a produite. Pas uniquement au sens géographique de terroir ou écologique d’écosystème mais en premier lieu par le vivant qui la produit, le vivant, ce vivant particulier parmi les autres présents en cet espace et dans ce temps particulier.

Les religions, spiritualités, idéologies et autre croyances n’unissent que dans l’apparence d’un projet totalitaire qualifié d’universel qui n’unit que ceux qui y adhèrent et laisse de côté ceux qui y sont réfractaires.
La communauté des croyants adhérant au système ne tolèrent les éléments externes que dans la mesure où ces derniers sont susceptibles de se rallier, sinon d’être aliénés, sinon d’être mis en incapacité de concurrence, sinon d’être exterminés. Toute forme de coopération est proscrite sur la durée et n’est donc tolérée que dans l’exception de nécessité conjoncturelle.
Peu importe ce qui motive ou justifie cette stratégie globale de compétition. Quand bien même elle aura permis à certains de survivre elle aura conduit d’autres à périr. Ce n’est pas une relation de producteur à consommateur ou de prédateur à proie mais bien un mécanisme d’exclusion qui conduit à ce que l’un périsse pour que l’autre subsiste. L’éradication naturelle est de nature accidentelle : dans une situation de pénurie les plus adaptés subsistent tandis que ceux qui ne le sont que manière moindre finissent par périr, par épuisement de ressource par les premiers au détriment des seconds.
La strate culturelle change le paradigme : l’élimination des uns par les autres relève d’une volonté, possiblement consciente, possiblement délibérée dans le sens commun de chacun de ces termes.

Conclusions provisoires :

  • Les idées non partagées divisent toujours entre population qui y adhère et celle qui n’y parvient pas
  • Les divisions produisent des conflits avec leurs gagnants et leurs perdants

Était-il nécessaire de rappeler de telles évidences ?
Je l’ignore. Et j’aimerais en douter ou même avoir la certitude que c’était parfaitement inutile tant ces choses sont triviales et donc connues de tous.
Mais quand j’observe le comportement des humains que je fréquente, je ne peux que me demander, s’ils l’ont déjà oublié ou s’ils préfèrent plutôt ne pas en tenir compte
C’est sans doute bien plus complexe que ça et ce qui vaut pour l’un ne vaut pas nécessairement pour l’autre.

Finalement, les gagnant ne seraient-ils pas plutôt ceux qui savent le mieux exploiter les divisions pour se hisser au sommet ?
Si tel est bien le cas, les perdants sont-ils alors uniquement les plus faibles où ceux qui plutôt que de s’unir pour affronter les puissants se disputent et se divisent sur la manière de s’y prendre ?