La vérité, ce qui est vrai par définition, a le privilège de rendre crédible celui qui en énonce. Quoi de mieux qu’une vérité qui ne blesse ni ne flatte pour attirer la confiance d’autrui ?

L’argent ou le pouvoir peut-être, je ne saurais le dire. Dans ce cas, s’il y a attirance, la confiance n’est probablement pas de la partie pour autant. Mais il ne sera pas question de traiter ici de la puissance rhétorique des tautologies. L’exercice, si besoin était, sera laissé aux experts en la matière. La magie d’un discours bien construit n’est pas l’excellence de l’auteur de ces lignes.

Laissons donc de côté la nature tautologique du titre. Ce n’est que figure de style et donc de forme et ce n’est pas ce qui devrait nous importer présentement.

Tout ce qui n’unit pas divise est une formule impersonnelle. Dite ainsi, elle pourrait évoquer un principe de physique ou de chimie. Sauf qu’il ne manquerait pas d’exemple d’observation pour mettre en évidence que cette tautologie n’a aucune véracité en dehors du seul domaine de la logique pure.

Une simple expérience de pensée le mettra en évidence. Soit un matériau A et un projectile B envoyé sur A. Quelles sont les possibilités qui s’offrent une fois que B vient de percuter A ? Tout va dépendre de la manière dont l’énergie cinétique acquise par B va se répartir entre A et B et tout va donc dépendre de la nature physique de A et B. Si notre tautologie avait quelque valeur de vérité physique vrai alors il ne pourrait y avoir que deux issues : soit B vient se lier à A pour réaliser l’union soit A ou B vient à se briser pour réaliser la division.

L’expérience commune nous apprend qu’il existe également une autre possibilité : B rebondit sur A, sans la moindre union ou division.

Nous venons là de réfuter par l’expérience le fait que notre tautologie puisse être vraie dans le monde physique.

Mais qu’en serait-il dans le monde de l’esprit ou plutôt celui des idées si vous voulez bien le préférer ?
Opposer esprit à matière est puéril ou stérile, à moins de nous accorder que ce ne sont que des métaphores pour distinguer le concret ou tangible, de l’abstrait ou intangible.

Et quoi de mieux que de partir de l’exemple nous ayant servi à réfuter la possible interprétation physique pour donner tout son sens à l’interprétation mentale de l’assertion titre ? Restons dans le monde macroscopique si vous le voulez-bien. Ici il n’est pas question de faire des sciences physiques mais de bien comprendre les implications humaines de cette non moins humaine assertion dont il est question.

Au départ nous avons A et B dans une situation de non union. Quand B percute A, le moment même du contact peu être vu comme une ébauche d’union singulière (de nulle à infinie) de A et B :

  • Si A ou B se brisent, l’union singulière cesse et le résultat est une désunion encore plus grande émerge. A ou B cesse de rester intègre pour laisser place à des An ou Bn.
  • Si B rebondit sur A alors nous avons un retour à la situation antérieure : A et B restent désunis et s’éloignent encore plus l’un de l’autre pour emporter une part de l’énergie apportée pour tenter de les rapprocher.
  • Si B ou A vient s’insérer dans A ou B ou restent simplement en contact l’un de l’autre alors il y a union en quelque sorte.



Une "conclusion provisoire" possible :

il n’y a qu’une chance sur tois de parvenir à une union en faisant usage de la force.