Ni la lecture de Faites des fêtes (I) ni celle de Faites des fêtes (II) n’est normalement nécessaire à la compréhension de ce qui suit. Dans l’hypothèse où un lecteur aurait un avis différent, merci de le faire savoir par un commentaire utile.

Compter les jours, les nuits, les lunes, les saisons, les années et autres cycles, décompter le temps de manière plus générale, n’aurait guère d’intérêt s’il ne s’agissait que de classer la mémoire en ordre chronologique ou de mettre en perspective le passé. C’est cependant probablement en réalisant ce type d’activité que s’est construite l’idée qu’il y avait non seulement utilité à prévoir l’avenir mais également à en établir la possibilité.
C’est probablement à force de marquer la succession des jours, lunes et saisons que s’est révélée la régularité de ces cycles. Non seulement ils reproduisent les même motifs, mais c’est également sur des durées constantes.
Contrairement aux pluies et aux vents, il n’y a pas besoin d’observer le ciel pour pouvoir prédire quand reviendra la peine lune ou la chute des feuilles. La prochaine pluie ne se prédit pas en décomptant le temps mais en observant les nuages et les vents.

Personne ne se souvient qui a eu en premier l’idée de décompter le temps, ni ce qui l’a motivé, ni la manière dont il s’y est pris. On peut toutefois supposer que l’idée a germée un peu partout où des humains se trouvaient.
Décompter le temps nécessite d’abord de savoir compter. C’est le genre de phrase qui a tout de la lapalissade après plusieurs millénaires de cultures et découvertes humaines. A l’époque des Celtes, compter et décompter étaient déjà des acquis depuis fort longtemps, l’usage d’écritures en ayant largement faciliter l’exercice et la diffusion.
Est-il pour autant inutile de se pencher sur le sujet ? Les avis seront divers selon que l’on est impatient de lire la suite ou au contraire s’imprégner vraiment de ce qu’est la transmission d’une tradition.
Compter n’a pas attendu le signe pour exister. Tant qu’il s’agissait de cueillir, chasser ou pêcher, tant que le groupe était assez compact pour que chacun connaisse chaque autre, compter ne présentait guère d’intérêt, sauf pour les plus curieux bien entendu.
L’esprit humain est tel que le plus souvent la création ou la découverte précède le besoin. Ceux qui d’entre vous sont chercheurs ou créateurs le savent bien. C’est déjà moins évident pour les autres gens.

Ce n’est généralement pas juste en réfléchissant à un problème que les solutions viennent.
Nous pouvons en avoir l’impression, parce que bien rares sont les nouveaux problèmes qui ne puissent pas être vus comme une variante d’un problème déjà connu. L’esprit humain est particulièrement doué pour ça.
Mais quand un problème est vraiment nouveau, ou du moins que lui trouver une solution devient un impératif, l’humain n’est pas moins doué mais il ne lui est plus possible de puiser sur ses seuls acquis pour en trouver une. Et dans ce cas précis, il y aura une différence entre celui qui aura toujours attendu qu’il lui faille impérativement répondre à un problème pour lui trouver une solution et celui qui n’avait pas besoin de se retrouver en situation pour laisser divaguer son imagination.

Compter n’a pas attendu le signe.
Qui n’a jamais commencé par compter sur ses doigts avant de le savoir avec des signes et des mots ?