Le bestiaire des celtes est riche quand bien même ne le serait-il pas plus particulièrement que dans d’autres cultures.
N’est-il pas étrange que parmi les grands oubliés de celui-ci figure le loup et sa version domestiquée : le chien ?

Les celtes ont pourtant toujours vécu dans des aire où la présence du loup était attestée.
Comment se fait-il qu’il soit absent des légendes, mythes et autres contes celtiques alors qu’il avait une place d’honneur voire fondatrice dans l’imaginaire romain ?
25 000 ans de coopération et domestication réduit à rien ?
Dans les récits celtiques qui nous sont parvenu, seule le chien est régulièrement présent mais la plupart du temps réduit à son rôle de compagnon, sous-entendu compagnon de chasse, même s’il arrive qu’on fasse une place auprès du feu pour celui qui est le préféré du héros de l’histoire, ça reste rare.

Même dans le cas de Cuchulain, c’est le chien en tant qu’espèce dont la consommation de chair lui est interdite qu’il apparait de manière significative et non en tant que chien remarquable en lui-même. C’est même si vrai que le chien consommé par Cuchulain à son insu, violant ainsi sans le savoir le tabou qui ne s’appliquait qu’à lui-même n’a pas le moindre nom.
Que les celtes pouvaient consommer du chien ne doit pas plus nous choquer que de savoir que de nos jours encore des chiens sont élevés pour être consommée dans certaines cultures.
Ceci ne devrait pas plus nous choquer que de savoir que la consommation de cheval est tabou pour certains tandis qu’elle est banalisée voire sacralisée dans d’autres cultures.

Quand un animal devient un compagnon, l’humain dispose de deux options à son égard.
Soit il fait de sa consommation un tabou et il lui octroie des funérailles analogues à celles dédiées aux humains proches.
Soit sa consommation n’est pas tabou et sa consommation rituelle peut se substituer à celle des funérailles.
C’est à peu de chose près l’analogue de la consommation de chair humaine par des humains.
Quand elle n’est pas tabou, elle est vue comme l’appropriation des qualités possédées de son vivant.
De même le cheval ou le chien consommé pouvait être la manière de s’unir au compagnon pour en prolonger l’existence au travers de la nôtre.
Le fait est que le tabou soit propre à Cuchulain laisse ouverte la possibilité que la consommation de chien n’était pas tabou pour l’ensemble des celtes.
Si tel avait été le cas il n’y aurait pas eu besoin de préciser que celui-ci dérivait du fait que son nom est construit autour du mot chien en gaélique.
S’il s’était agit d’un tabou commun à tous les celte, ce détail n’aurait pas été mentionné comme justifiant le tabou mais, éventuellement, plutôt pour expliquer pourquoi il était de son destin de violer un tabou commun sur la consommation alimentaire de chien.