Me voici bien embarrassé, je n’avais pas prévu d’aborder ce sujet maintenant, mais rien n’empêche de le déflorer un peu en réponse au commentaire de Yamni. à propos de la fin du billet qui m’a servi à lui répondre Comme tout le monde ne lit pas nécessairement les commentaires (les billets eux-mêmes sont parfois déjà assez difficile à digérer) je cite donc l’intégrale de celui-ci.

Enfin, je peux dire que je ne suis pas d’accord avec toi.

L’enseignement par l’orale ou par l’écrit est un faux débat parce que je trouve que ni l’un ni l’autre ne peut apporter quelque chose de sincère dans la recherche du "vrai". En effet, il n’y a que par nos sens intérieurs(notre vue intérieure, notre écoute intérieure, les sensations et le goût...intérieurs) que nous pouvons lever ce voile nous donnant accès à plus de vrai. L’orale et l’écrit nous limite dans cet accès. Un enseignement employant ces deux méthodes ne peut être qu’aussi limitant.

Une cuillère est-elle vraiment ce qu’elle parait être par nos sens extérieurs ou est-elle la représentation de nos croyances sur ce qu’est une cuillère?

Même si on met de côté l’écrit, un enseignement ne se définissant que sur une relation interpersonnelle (physique) ne peut se définir comme un enseignement honnête à mes yeux puisqu’il ne se base justement que sur un seul plan (physique) éliminant tous les autres.

Je dois avouer que je suis assez content de t’avoir apporté une occasion de ne pas être d’accord avec moi. Sauf que je crains que ce ne soit qu’une illusion. Aussi j’espère que finalement tu seras néanmoins plus heureux de découvrir que nous sommes d’accord que d’avoir cru trouver un point de désaccord. Et je te remercie de m’avoir ainsi fournit un bon exemple d’un bais de compréhension qui aurait eu fort peu de chance, voire aucune, de se produire si je l’avais dit et toi entendu au lieu de l’écrire et toi de le lire.

Ici la confusion vient d’une différence de registre entre ce à quoi je pensais en écrivant ces quelques projets de faire un petit billet sur le sujet et celui de ta démarche personnelle. Alors que j’étais dans le registre de l’enseignement/transmission tu te plaçais dans celui de la connaissance/vérification. Alors autant le dire : je suis à quelque détails prêts qui mériteraient un développement à eux seuls (par exemple : regard et écoute intérieurs pose la vaste question ce qui serait intérieur de ce qui serait extérieur), j’aurai pu écrire, prendre à mon compte tes propres propos si j’avais été dans même registre que toi-même.

Aussi je maintiens qu’opposer l’oral à l’écrit dans la transmission est un vrai problème. Non qu’il soit question de donner dans le folklore de l’authenticité en apprenant oralement des milliers de vers qu’on finirait par savoir par cœur et réciter à notre tour (ce que je n’aurai pas manqué de relever et dénoncer si je l’avais observé) mais bien de se poser la question de la méthode et du support de transmission de nos enseignements. La question de la réception, validation et compréhension vient après et selon des modalités qui sont celles de ton propos. "Connais-toi toi-même" est la clef de voute de tout compréhension et celui qui en est l’auteur, même s’il a écrit (on lui pardonnera, il n’était pas celte mais grec), n’avait, comme tous les "philosophes" de son temps, qu’une seule méthode : la dialectique et qu’un seul support : l’oralité, dès lors qu’il s’agissait d’enseigner et non de publier.

La suite dans un prochain billet ou après avoir détaillé ce en quoi l’écrit est condamnable, je ne pourrais qu’exprimer ma consternation sur l’abus d’écrit de la grande majorité de ceux qui, organisés, produisent des écrits pour diffuser leurs enseignements sans sourciller un seul instant que cette manière de procéder est aux antipodes de celles des druides historiques dont pourtant tous prétendent être les plus fidèles héritiers. Ce que je n’aurai pas à faire du coup, sauf à titre de rappel, puisque je viens justement de le dire.

Sans plus déflorer le sujet pour l’instant. Je maintiens, donc, que la transmission par l’écrit est ce qu’il y a de pire en la matière qui nous intéresse.