Encore un billet dont l’inspiration, pour ne pas dire le contenu, est entièrement inspiré d’un commentaire qui n’avait au départ comme vocation que de répondre à un autre commentaire.

En dehors de clichés ou conventions, j’ignore ce qu’être druide, ovate ou barde signifie ou implique de spécifique. Je peux toutefois tenter de partager avec vous le sens que j’accorde à cette appellation de druide dont je me réclame néanmoins.

Bien plus porté sur la recherche, la philosophie et l’enseignement que sur les techniques ou les arts (sans toutefois les ignorer), des trois sous-fonctions de la fonction sacerdotale, pour ceux qui font cette distinction, je ne vois pas de quelle autre je pourrais m’étiqueter, à moins de me renier cette parenté.

   Qu'y a-t-il dans un nom ? (William Shakespeare revisité)

Dans ma clairière d’origine nous ne faisions pas cette distinction pas plus que nous ne discriminions les mâles des femelles.

Si je reconnais à chacun le droit de me contester cette appellation de "druide", je ne peux que constater que personne ne l’a encore fait, du moins ouvertement. Et quand je dis "personne" je parle aussi bien de mes pairs (ceux qui se se disent druides et que je reconnais comme tels) que n’importe qui d’autre.

Dans mon collège d’origine, le terme "druide"était fort peu utilisé, sinon pour faire référence au "Grand Druide" de la saison, celui ayant en charge d’animer et d’assurer l’harmonie du "groupe" durant toute une saison, par rotation entre les membres du cercle le plus interne. Avant toute autre chose nous sommes simplement "frères" et "sœurs" quelque soit notre science ou engagement. Je suis né en terre celte, ma culture est gauloise et les savants celtes étaient nommés "druides". Si j’étais né ailleurs et imprégné d’un culture différente de celle-ci, je porterai le nom correspondant à ma fonction dans celle-ci ; c’est aussi simple que cela.

Ce n’est qu’après la dissolution de mon collège d’origine que cette question "suis-je "druide" ?" a pris de l’importance. Parce que je savais que tôt ou tard je croiserai d’autres "druides" mais ne partageant pas nécessairement la même vue.

Alors que je n’avais pas encore ouvertement osé revendiquer "être druide" mais "celtisant" ou "druidisant" : Bien des druides ont estimé que mon verbe ou mes chants faisaient de moi un barde assurément. Bien des bardes ont estimé que mes connaissances techniques et scientifiques faisaient de moi un ovate assurément. Bien des ovates ont estimé que mes considérations morales et philosophiques faisaient de moi un "druide" assurément. En toute logique "druide" était donc bien le terme le plus approprié à décrire ma fonction polyvalente.

Alors que je discutais avec une druidesse qui, à l’époque, se posait un peu la même question, nous en sommes arrivé à la conclusion commune suivante : "Quand viendra le jour d’une reconnaissance mutuelle et libre, je n’en douterai plus trop".

Être druide n’est pas un état mais un cheminement continu vers toujours plus de vrai, à chaque instant, en toute occasion Mais ceci n’est pas spécifique au druidisme, ni même au celtisme, mais à toute revendication identitaire, de manière générale. Notre culture est pleine d’exemples qui sont autant de critiques de la non authenticité. La saie ne fait pas plus le druide que la bure ne fait le moine.

Celui qui une fois sorti de la clairière change de comportement ou de valeurs est comme celui qui ne sait être charitable qu’en symbole et apparence.

Qu’il s’agisse de sa propre personne ou de son appartenance à un groupe, ce qui importe avant tout c’est d’être authentique et sincère. Et la seule façon d’y parvenir est d’être ce que l’on paraît et paraître ce que l’on est. Et la seule façon d’y parvenir c’est d’apprendre à discriminer entre ce que nous souhaitons être et ce que nous sommes vraiment. Ce qui n’est rien d’autre qu’une reformulation du fameux "Connais-toi toi-même" ou encore des "Soit (montre) ce que tu es (dans tes actes)"

Personnellement je n’appelle pas "humilité" celui qui sait qui il est (plutôt que ce qu’il croit être, parce que c’est ce qu’il désire être) mais "lucidité" tout simplement. J’ignore la fausse modestie tout comme j’ignore la vantardise. Ce que j’ai écrit ci-dessus n’est donc pas un faire-valoir. Autant le préciser pour celui qui me lisant serait tenter de le penser. Ce qui ne l’empêchera pas de le faire si telle est son inclinaison, car telle est sa liberté.

Je n’en suis pas à mon premier blog, Celui-ci est le second.

Que que je pourrais bien faire d’un blog me suis-je demandé ?

Tel fut d’ailleurs le sujet de mon premier billet sur le premier blog.

Des blogs j’en connaissais déjà. Il en existe pour tous les motifs et tous les goûts. Bien que je ne sois pas friand de leur lecture, il m’est arrivé d’en suivre quelques-uns, de temps à autres. En dehors d’un ancien collègue de travail qui avait choisi ce moyen pour rester en contact avec nous durant son périple en extrême orient, tous les autres ont été, au départ, tiré de l’Internet un peu par hasard, à l’occasion de l’interrogation d’un moteur de recherche. Et je dois dire que même si certains m’ont apporté l’information recherchée, la curiosité me poussant à regarder sur les côtés, j’ai bien été souvent déçus par ceux-ci.

Dans leur grande majorité les blogs tiennent quelque part de l’Internet-réalité : une façon comme un autre de se faire valoir ou connaître en racontant son histoire et en exprimant ses opinions. Du moins telle est mon expérience et plus précisément les jugements que j’en ai retiré.

Alors, me demanderez-vous, qu’est ce qui a bien pu me motiver à moi-même me risquer dans ce type d’exercice ? Dans le premier cas la réponse est assez simple à expliquer. J’ai longtemps et assidument fréquenté quelques-uns des nombreux forums d’un site qui a pour fonds de commerce tout ce qui a trait à la santé, qu’il s’agisse de cosmétiques, de maladies diverses, de l’usage de médicaments ou encore de tout ce qui se rapporte à la psychologie, la psychiatrie, la foi, le paranormal, les religions, la sexualité et j’en oublie très certainement. Quand il m’a fallu prendre congés de bien des gens que j’y avais croisé, qu’il ne m’a plus été possible de répondre individuellement à tous ces MPs que certains me laissaient. Le blog a été le moyen de leur donner quelques nouvelles et de leur répondre collectivement.

Oui mais alors pourquoi ce blog-ci ? Parce que je m’en doute, c’est bien l’intérêt de ce blog qui vous intéresse en premier lieu. La réponse immédiate sera laconique : un concours de circonstance avant toute autre chose :

  • Mon revendeur de nom de domaine avait décidé d’offrir ce service sans supplément
  • Je retirai de mes rencontres néo-druidique une expérience, certes personnelle tout en ayant déjà fait le constat, que sur ce sujet-là il n’existait rien.

Certes les sites pullulent, les forums aussi, mais toujours pour promouvoir son propre mouvement et avec toujours, au moins en arrière-plan, une petite saveur de "si tu l’ignores, moi je sais" (sous-entendu que les "autres" n’y avaient pas compris grand-chose). Il y a beaucoup d’hypocrisie dans tout ceci et j’en ai fait l’expérience, derrière des façades a priori accueillantes et tolérantes se cachent bien souvent des individualités que je qualifierais de toxiques : l’ego, toujours l’ego et encore l’ego.

Mais mon objectif n’est pas de tirer à boulet rouge sur tel ou tel mais simplement de montrer et dire le vrai, chaque fois que l’occasion s’en présentera. Le vrai est ce qu’il est et non la prétendue vérité que nous voudrions qui soit. Ne nous y trompons pas dans ce vrai il n’y a pas que de mauvaises choses. Alors pourquoi autant mettre l’accent sur ce qui ne va pas ? Me demanderez-vous, très légitimement Tout simplement parce que l’amour du vrai est un devoir pour commencer.

Et parce qu’en disant le vrai je participe au rétablissement de cette liberté qui ne saurait être en dehors de ce point d’équilibre entre toutes les oppositions. Si du néo-druidisme nous ne laissons dire du bien que par ceux qui en participent et laissons la charge de la contradiction à ceux qui n’en sont pas, cet équilibre ne sera jamais sinon qu’en illusion.

Mais le vrai est cruel comme le sont les faits. Quoi que nous pensions ou fassions, cacher le vrai c’est mentir à la face du monde.

Alors si ma parole est critique, elle l’est dans le bon sens. Je n’ai aucun intérêt à porter le discrédit en place publique, mais l’amour du vrai m’y oblige. Quand il y a presque un an j’ai rédigé mon premier billet c’est que je n’avais pas d’autre choix sinon de me taire et de me rendre complice des marchands d’illusion.

Le druidisme tel que je le conçois, est un chemin de réflexion et d’action, dans le respect de certains principes : le vrai et la liberté sont de ceux-ci.

/|\Esus