"Le vrai à la face du monde !" Que ce cri soit d’authentique filiation (l’amour du vrai est un des traits de l’âme celtique) ou ait été forgé de toute pièce par ceux qui furent à l’origine du renouveau celtique importe peu dès lors qu’elle retraduit parfaitement la pensée de celui qui l’exprime.

Pour commencer, il bon et vrai de rappeler à chacun que tout peuple ayant vécu historiquement sous l’influence culturelle celtique ont autant de légitimité à se proclamer celte, qu’un Breton, un Gallois, un Irlandais, un Écossais ou même un Galicien et ce pour la simple raison que le fait celtique n’est pas un fait ethnique basée sur la notion de peuple (au sens moderne et germanique) et encore moins celui de race, mais sur la base dune communauté culturelle au delà de nombreuses autres diversités. Même si la langue est un marqueur culturel fort, il n’est pas celui qui importe le plus. Plus significatifs sont les us et coutumes, les traditions, fables, mythes et légendes portées par ces peuples, les arts, les savoir faire et l’état d’esprit qui est commun.

Les Celtes historiques ont comme tous les peuples de cultures indo-européenne ont pour origine les steppes d’Asie mineure et pour les Celtes, quelque part au alentours de la Mer Noire. Telle est l’état actuelle des connaissances académiques faisant consensus. Mais on ne peut qualifier de Celtes ceux qui firent ce voyage de l’Asie vers notre Europe. Ils n’ont pas laissé de nom, pas plus que la majorité des peuples vieux européens (d’avant l’arrivée des indo-européens). Une rare exception est le peuple basque qui à ce jour reste un isolat linguistique.

Jusqu’à preuve du contraire c’est aux alentours des sources du Danube que cette culture s’est différenciée de ses sœurs, du moins selon les critères de l’archéologie. Les proto-celtes venus d’Asie ne sont devenus Celtes qu’en étant en contact avec les peuples locaux avec pour résultat une culture qualifiée de celtique, parce qu’ayant de traits propres se distinguant de toutes les autres et en particuliers des autres peuple indo-européen. Les proto-celtes ne sont pas arrivés en masse (pas plus que leurs cousins devenus Germains) mais avaient apporté avec eux des techniques, des coutumes qui leur ont donné l’ascendant sur les peuples indigènes. C’est à partir de ce foyer que la culture Celte s’est propagée tant vers l’ouest que l’est, dans une bande qui au nord n’a jamais atteint les pays scandinaves et sud ne s’est guère propagée loin au delà des Alpes et uniquement dans le triangle dont la pointe est à Gibraltar au delà des Pyrénées .

Plutôt que de citer des sources reconnues (elles sont nombreuses) parmi les farfelues (elles sont encore plus nombreuses), l’exemple du peuple français suffira à illustrer mon propos. Quand les Romains envahirent les Gaules, les Gaulois adoptèrent progressivement et leur langue et leur organisation sociale pyramidale. Il leur fut d’autant plus facile d’adopter leur langue que celle-ci était proche de la leur. Il leur fut d’autant plus facile d’adopter leurs structures sociales que celles-ci avait démontré une certaine efficacité à être en position dominante et unifiée.

Quand les Germains envahirent les Gaules romanisés, ils étaient encore moins nombreux que les Celtes et leur apport se limita à la prise de pouvoir (ils formèrent la nouvelle aristocratie), à l’apport de nouvelles techniques militaire notamment en ce qui concerne le harnachement des chevaux et la prééminente de la monte de ceux-ci dans le domaine militaire avec pour première conséquence la restriction de l’usage du char aux seules fin de transport. Mais s’ils apportèrent certains de leurs us et coutumes, il fut minoré par la prééminence persistance de celles des celtes et l’importance de l’implantation du christianisme favorisé par l’Empire Romain dans l’espoir de mettre fin à son propre déclin. Pour l’essentiel, ils adoptèrent et l’organisation et la langue qui leur a préexisté. Ce n’est que dans les régions faiblement romanisée que le germain s’est imposé et que l’organisation sociale s’est germanisée ou est revenue à ses fondamentaux celtiques. Si les langues celtes était proches des langues romanes (les linguistes font dériver l’une et l’autre d’un même parent qualifié d’Italo-celtique, la structure sociale germanique des germains étaient bien plus proche de celle des celtes que de celle des romains.

Revenons-en aux Celtes. Il n’y avait pas plus d’uniformité de langue qu’actuellement dans la grande majorité des pays de l’ancien monde. Si chaque nation (pardonnez moi cet anachronisme) disposait bien d’une langue véhiculaire commune, généralement celle de l’élite (le Latin à titre d’exemple), pour le reste chaque groupe avait sa langue vernaculaire, parfois assez proche de celle de certains des ses voisin au point de lui être intelligible avec un peu de pratique, mais parfois tout autant inintelligible que toute autre langue réputée étrangère. On peut citer comme exemples contemporain la situation de la Suisse, de l’Italie ou de l’Allemagne mais aussi des différentes langues Britanniques et Gaéliques (qui malgré leur identité celtique incontestable sont rarement mutuellement intelligibles). Le Breton des médias est une nouvelle langue. Elle est généralement très peu intelligible des anciens ayant eu une langue bretonne comme langue maternelle.

La "celtitude" n’est pas transmise par les gènes mais par la culture. Quiconque adhère à une culture celtique est celte par définition. Ceux qui prétendent le contraire sont soit des ignorants soit des manipulateurs.

(A suivre)